Toute une vie d’aidants au travail

Huit aidants sur 10 rencontrent des difficultés pour concilier vie professionnelle et rôle d’aidant ! C’est l’une des informations du sondage réalisé avec le soutien du Groupe Humanis, par France Alzheimer auprès de 1 484 aidants en activité professionnelle.

Ils ont choisi de ne pas choisir… Entre leur activité professionnelle et l’accompagnement de leur proche malade, les aidants en activité mènent une double vie. « C’est tout le paradoxe d’un choix contraint par la maladie. D’un côté, l’amour familial nourrit votre engagement et de l’autre le quotidien professionnel, au-delà des ressources financières qu’il vous apporte, vous permet de sortir du quotidien de la maladie », explique Judith Mollard-Palacios, psychologue chez France Alzheimer et maladies apparentées. Voilà pourquoi 96% des 1484 aidants en activité professionnelle souhaitent maintenir leur activité professionnelle.

Le temps de l’accompagnement empiète sur le temps de travail.

Judith Mollard, psychologue chez France Alzheimer et maladies apparentées

La première conséquence pour ces aidants en activité professionnelle pourrait se résumer ainsi : « fatigue physique et psychologique. » 90 % des sondés évoquent « stress, anxiété, épuisement. » Il faut dire que l’accompagnement qu’ils réalisent ne leur laisse que très peu de temps pour leurs activités récréatives (de loisirs).

Tous les chiffres du sondage Aidants en activité professionnelle en une infographie :

 

Des conséquences négatives… et positives

L’autre conséquence concerne le temps de travail. 72% des répondants avouent avoir des difficultés à se concentrer et à être efficaces. « Près de la moitié des répondants ont indiqué que les démarches qu’ils avaient à mener dans le cadre de la prise en soin de leur proche pouvait empiéter sur leurs heures de travail », confirme Judith Mollard-Palacios. Trois aidants sur cinq affirment que leur statut d’aidant et ses contraintes ont une incidence négative sur leur évolution professionnelle. La moitié des aidants actifs sondés sont obligés de poser régulièrement des jours de congés ou de RTT pour s’occuper de leur proche malade. « Aussi étrange que celui puisse paraître, certains y trouvent des motifs de satisfaction : près d’un tiers des aidants que nous avons rencontrés ont souligné un impact positif, notamment sur la prise de recul », tempère Judith Mollard.

Le sujet est encore tabou au sein du monde de l’entreprise

Joël Jaouen, président de France Alzheimer et maladies apparentées

Cette situation pour le moins éprouvante est-elle, pour autant, atténuée par l’existence d’un dispositif de soutien efficace ? Visiblement pas pour la moitié des aidants interrogés qui ne reçoivent aucune aide quand 12% bénéficient d’un soutien psychologique. Autre information importante : la confidentialité qui entoure ces aidants en activité professionnelle. Seulement 4 aidants sur 10 avouent avoir parlé de leur situation à leur hiérarchie. Plusieurs raisons à cela : le souhait de dissocier vie privée et vie professionnelle, la crainte des répercussions, le sentiment que cela ne servirait à rien.
« Le sujet est encore tabou au sein du monde de l’entreprise. Les employeurs n’ont pas pris la pleine mesure du phénomène. Du côté des salariés aidants, la peur du quand dira-t-on freine la liberté de parole », Joël Jaouen, président de France Alzheimer et maladies apparentées.

 

 

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